L’ancien Hôpital des Pauvres Voyageurs est l’un des édifices patrimoniaux les plus singuliers de Cambil. Il est lié à la Confrérie de l’Incarnation de Notre-Dame, chargée d’administrer ses revenus et de le maintenir pendant des siècles grâce à des dons et des héritages. Sa mission était claire : accueillir et assister les personnes de passage sur ces routes de montagne. Au fil du temps, l’hôpital a changé d’emplacement à plusieurs reprises : d’abord dans la partie basse de la Calle Real (devenue plus tard la rue de l’Hôpital), puis dans la calle del Pilar (aujourd’hui calle Posadas), avant de s’établir définitivement à son emplacement actuel au XVIIIᵉ siècle.
Le bâtiment que l’on connaît aujourd’hui a été construit dans la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle et se distingue par son portail spectaculaire, l’un des exemples les plus baroquisants de la province de Jaén. Malgré ses dimensions réduites, l’entrée présente une composition étroite et très verticale, au fort dynamisme. Elle s’organise en deux corps et un attique : une porte à linteau encadrée de pilastres, une cartouche avec les armoiries de la commune, et au-dessus un second corps avec une fenêtre et une grille convexe, en contraste avec la façade concave, ce qui accentue l’effet rococo. En raison de son caractère somptueux, certains historiens doutent qu’il s’agisse réellement de la façade d’une institution charitable et l’associent plutôt à une demeure liée à l’évêque Fray Benito Marín (dont le blason figure dans la partie supérieure). L’hôpital a cessé d’exercer sa fonction à la fin du XVIIIᵉ siècle, avec l’arrivée des désamortissements.
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